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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 22:35

 

Vendredi, 06 Septembre 2013 14:36 MNCP Nos communiqués

mncp natArguant de l’allongement de la durée de vie et de la nécessité de sauver le financement des retraites par répartition, le Premier Ministre a présenté le 27 août un projet de réforme dont le poids reposera une fois de plus sur les salariés et, doublement, sur les chômeurs.  

 

 La future réforme prévoit l’allongement de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein : c’est la double peine pour les chômeurs et précaires. Leurs revenus, insuffisants et marqués par la précarité du travail seront encore dégradés à la retraite.

 

Le nombre de retraités sexagénaires occupant un emploi a doublé depuis 2006. 50% d’entre eux déclarent travailler car leur retraite « ne suffit pas pour vivre.»  Qu’en sera-t-il des chômeurs qui ne cotisent pas leurs trimestres ? Voire, s’ils sont allocataires du RSA, qui les perdent purement et simplement ?

 

Allonger la durée de cotisation, c’est nier que l’espérance de vie en bonne santé se dégrade en France, notamment pour les femmes, les personnes les moins qualifiées et les précaires. Cette tendance n’est pas prête de s’inverser, alors que l’on poussera toujours plus de personnes dans la précarité, et que les plus âgés seront forcés de trouver une activité rémunérée – si activité il y a – pour améliorer le quotidien, et sous réserve d’avoir le droit de cumuler des revenus du travail avec une pension de retraite, ce dont sont exclus aujourd’hui les allocataires de l’ASPA. 

 

Allonger la durée de cotisation, c’est favoriser le chômage des seniors, qui, n’ayant pas cotisé assez, devront survivre grâce aux minima sociaux et aux petits boulots. C’est remplacer le déficit des retraites par le déficit de l’UNEDIC et des caisses de solidarité.

 

Nous dénonçons cette réforme qui créera toujours plus de précarité. Nous exigeons que nos propositions soient prises en compte, seules à même de garantir une retraite décente pour tous :

Le retour du calcul des pensions sur les 10 meilleures années et non plus sur les 25 comme actuellement. Ainsi serait mieux pris en compte le caractère discontinu des carrières, ce qui garantirait plus d’égalité des citoyens devant la retraite ;

- Le financement des retraites assis sur la valeur ajoutée des entreprises mise alors à contribution, et non sur la seule masse salariale ;

- Le prolongement de l'indemnisation des chômeurs âgés de plus de 58 ans jusqu'à l'obtention d'une retraite à taux plein, avec le rétablissement de l’Allocation Equivalent Retraite (AER) et de la Dispense de Recherche d’Emploi (DRE) ;

- L’augmentation de l’ASPA ;

- L’individualisation et l’égalité des droits pour tous les retraités.

 

Nous manifesterons donc le 10 septembre avec tous ceux qui veulent une autre réforme des retraites, qui soit à la hauteur des défis qui se posent à notre société.  

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 12:34

Appel à soutien au Collectif des Associations Citoyennes

 

Conséquence de la situation générale et des plans de rigueur, les disparitions d'associations et les licenciements se multiplient en 2013. Pour 2014 de nouvelles coupes sombres sont annoncées dans le budget de l'État et des collectivités. On ne peut pas assister passivement à la disparition d'un nombre sans cesse croissant d'associations, alors que celles-ci constituent l'un des piliers de notre vie démocratique, sociale et culturelle.


Le collectif des associations citoyennes a pris l'initiative de constituer une plate-forme inter associative pour engager un débat public sur l'avenir et le rôle des associations, défendre les financements associatifs, interpeller les pouvoirs publics et les élus, et si possible agir ensemble.


Un appel " non à la disparition des associations "
a été lancé le 12 avril, qui a déjà reçu l'appui de plus de 2000 signataires. Une semaine d'action est prévue en septembre prochain à la fois au niveau national et local. Cette mobilisation nécessite la participation de tous, y compris sur le plan financier. Comme on peut s'en douter, ce travail n'est soutenu par aucune subvention. La réponse dépasse nos espérances, mais demande un travail d'organisation que nous ne pouvons pas assurer sans un minimum de moyens matériels.


 

C'est pourquoi votre appui est nécessaire. Soutenez nous !
Vous pouvez faire un don, à titre individuel ou au titre de votre organisation,

en utilisant le bulletin de participation à télécharger ici

www.associations-citoyennes.net/wp-content/uploads/2013/05/Appel-%C3%A0-soutien.doc

Vos dons sont à adresser à l'association Participation et Association Citoyennes, qui sert de support à la plate-forme

et au Collectif des Associations Citoyennes, structures informelles.

Pour le collectif des associations citoyennes
Bernard VACHERON (président de Participation et Associations Citoyennes)

et Didier MINOT (fondateur de RECIT)

 

 

Collectif des Associations Citoyennes
15 Avenue Robert Fleury, 78 200 Viroflay – 07-70-98-78-56
contact@associations-citoyennes.net
www.associations-citoyennes.net

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 12:27

De la lutte contre l’ANI À la lutte contre la nouvelle convention d’assurance chômage

Ce n’est qu’un début  !

A peine avaient-ils signé l’accord sur la sécurisation de l’emploi (et pas des salarié-es), MEDEF CFDT & Consorts préparent déjà leur prochaine ‘grande réforme, celle de l’assurance chômage prévue en fin d’année 2013.

Cet accord n’est ni acceptable, ni légitime ! Ne les laissons pas discuter seul de notre sort !

C’est à la demande du gouvernement et du MEDEF que les partenaires sociaux ont « négocié » afin que l’emploi soit traité sans les droits qui y sont liés, notamment l’assurance chômage. Il n’a été évoqué que de vagues droits rechargeables pour les demandeurs d’emploi . Juste insuffisant

« Aujourd’hui on n’accepte pas l’ANI (Accord National Interprofessionnel) Demain il ne faudra pas plus accepter une nouvelle convention d’assurance chômage qui serait une régression pour les droits des demandeurs d’emploi. »

Pour renforcer la compétitivité des entreprises il faudrait que nous sacrifions nos droits . De même pour sauver le système il faudrait valider leur austérité. Nous ne devons pas accepter ce chantage ! Sachez que le pays est riche et même si la croissance devait être nulle durant quelques temps, les inégalités sociales n’existent que parce que nous ne parvenons pas toujours à nous organiser pour peser au bon moment.

Le droit à un revenu de remplacement en cas de chômage a été gagné par la lutte. Cela remonte au XIXème siècle avec la création de caisse de solidarité, mais c’est au lendemain de la guerre de 39-45 que la déclaration universelle des droits de l’homme le valide. Sur cette base, le Général de Gaule créé en 1959 avec l’UNEDIC le système d’assurance chômage qui lentement concernera à la fin des années 70 l’ensemble des salariés.

Puis vient la crise…Une endémie systémique maintenant ! A croire qu’avec les patrons, le plein emploi est maintenant impossible !

Tous les salarié-es ont donc maintenant droit à l’assurance chômage financée par les cotisations sociales. Pourtant seul 40 % des chômeurs officiels sont indemnisés pour un montant moyen de 900 euros et des durées allant de 4 mois à 2 ans . Les autres ont peut-être droit aux misérables minima-sociaux (ASS, RSA…) : environs 420 € par mois. Cet éclatement du système d’indemnisation – assurance chômage d’un coté, minima sociaux de l’autre à permis aux employeurs de réduire leur contribution, c’est-à-dire le partage des richesses.

Un contexte « chômage = misère » favorable permet au patronat de généraliser la précarisation des emplois, la baisse des salaires d’embauche, l’augmentation des cadences, du stress, des suicides et le silence des contestations…

Souvent, la lutte contre le chômage et la précarité est payante !

Les chômeurs et précaires en mouvement, agissant avec le soutien actif d’autres salarié-es ont repoussé des réformes qui amputaient leurs droits (PARE, recalculés…) ou en ont gagné de nouveau (CMU, prime de Noël, tarification sociale dont gratuité…), toujours insuffisants mais pas tombé du ciel, pas sans efforts et non sans mobilisation !

Propositions :
- Préparons une journée de mobilisation pour l’indemnisation décente de toutes les formes de chômages et de précarités, le jour ou se réunit le Conseil d’administration de l’UNEDIC pour décider de la revalorisation des allocations chômage suite à celle du SMIC chaque 1er juillet 2013.

- Alertons localement syndicats et associations :

- Agissons pour la convergence des luttes !

La « négociation » assurance chômage c’est tous les 3 ans !

Les fin de mois c’est tous les jours !!

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 23:21

 

      
Amis chômeurs, vous n'êtes pas prêts de retrouver du boulot ! Vous pouvez donc décider de mettre à profit votre temps libre pour faire le point sur la situation. C'est bientôt Noël : voici quelques idées de cadeaux pas chers qui vous apporteront joie, lucidité et espoir.

On le sait, l'année qui se profile sera très noire : chaque jour, quelque 2.000 nouveaux chômeurs iront s'inscrire à Pôle Emploi. A ce jour, cet organisme ô combien impuissant compte déjà 5,6 millions d'inscrits. Gageons qu'à ce rythme, qu'ils seront 6 millions avant fin 2013.

C'est la crise ! Inutile de paniquer — le gouvernement, lui, ne panique pas du tout… —, car vous voyez bien que vous êtes loin d'être seul(e). Six millions de chômeurs et de précaires, franchement, ça a de la gueule ! Mais 6 millions de chômeurs et de précaires qui réfléchissent, ça peut aussi peser sur l'avenir.

Certes, vous n'êtes peut-être pas habitué à tout ce temps libre qui s'offre subitement à vous. Toutes ces heures à tuer quand on n'est plus sur des rails, c'est flippant. Imposées et décriées, elles sont vécues comme un malheur. Pourtant, rien n'est plus précieux : même si vous ne le mesurez pas encore, le temps libre du chômeur est son seul privilège, et surtout sa plus grande richesse.

La manière la plus simple, la plus stimulante et la moins chère d'en profiter, c'est la lecture, activité souvent reléguée au placard quand on a la tête dans le guidon. Le chômage vous donne l'occasion de vous y (re)mettre. On peut s'inscrire à la bibliothèque, ou attendre une occasion comme Noël. Loin des possessions matérielles qui ne procurent qu'un plaisir de court terme, nous vous proposons d'opter pour une jouissance durable et 100% non polluante. Loin des affres du boulot, question de penser vos plaies, nous vous proposons de réfléchir à ce qui vous a été enlevé : LE TRAVAIL.

Dans cette modeste sélection de cadeaux «Spéciale chômeurs», voici quelques ouvrages fondamentaux — et hautement subversifs — que tout privé d'emploi se doit de lire afin de comprendre ce qui lui arrive — ce qu'il a perdu, mais aussi gagné —, se débarrasser de sa culpabilité, compenser sa pauvreté monétaire par un inestimable enrichissement intellectuel, et envisager de nouvelles perspectives de vie — pour ne pas dire civilisationnelles.
Car le chômeur, pionnier de la décroissance, est l'Homme du futur.


Commençons par ce pamphlet que Pôle Emploi devrait remettre à tout nouvel inscrit : Le droit à la paresse de Paul Lafargue (1880). Réédité en 2010 au prix modique de 7 € et préfacé par Gérard Filoche, c'est un incontournable. Mais avec un titre pareil, il est clair que Pôle Emploi ne vous l'offrira pas ! Il faut donc le demander à votre entourage, ou l'acheter vous-même avec votre ARE ou votre prime de Noël : c'est non seulement un investissement solide, mais d'un rapport qualité-prix imbattable !

Paul Lagargue dénonce le culte du travail et l'exploitation sauvage des hommes et de la nature. Pointant les dégâts de la surproduction qui génère du chômage, ce visionnaire savait déjà qu'elle créait des «besoins factices», que «les produits sont adultérés pour en faciliter l'écoulement et en abréger l'existence». Cette frénésie, «désastreuse pour la qualité des marchandises», va jusqu'à «violer les lois de l'honnêteté commerciale» et pire, les Droits de l'homme, «concoctés par les avocats métaphysiciens de la révolution bougeoise» qui ne sont à ses yeux que les droits de l'exploitation capitaliste. Selon lui, «tous les maux individuels et sociaux sont nés de la passion pour le travail» et le "droit au travail", tant réclamé par ses adeptes, est celui de la misère. Lafargue inspira ensuite le syndicaliste Emile Pouget dans son manifeste de 1910 intitulé Le Sabotage : «L'oisiveté serait mère de tous les vices et le travail une vertu, la plus belle de toutes les vertus... Il est inutile d'observer que cette morale est à l'usage exclusif des prolétaires, les riches qui la prônent n'ayant garde de s’y soumettre : l'oisiveté n'est vice que chez les pauvres.»

Même constat, un demi-siècle plus tard, dans l'incontournable Éloge de l’oisiveté de Bertrand Russell (1932). «Considérer le travail comme une vertu suscite aux hommes un tort immense», pensait-il. S'il avait connu Nicolas Sarkozy, ce philosophe et mathématicien gallois aurait farouchement combattu son idéologie du "travailler plus pour gagner plus", lui pour qui «la voie du bonheur et de la prospérité passe par une diminution méthodique du travail».

«Il existe deux types de travail, disait-il : le premier consiste à déplacer une certaine quantité de matière; le second, à dire à quelqu'un d'autre de le faire. Le premier type de travail est désagréable et mal payé; le second est agréable et très bien payé. […] La morale du travail est une morale d'esclave, et le monde moderne n'a nul besoin de l'esclavage.» Puis de conclure avec grande sagesse : «Les méthodes de production modernes nous ont donné la possibilité de permettre à tous de vivre dans l’aisance et la sécurité. Nous avons choisi à la place le surmenage pour les uns et la misère pour les autres. En cela nous nous sommes montrés bien bêtes, mais il n’y pas de raison de persévérer dans la bêtise indéfiniment...»

Nous vous recommandons aussi l'excellent Éloge de la démotivation de Guillaume Paoli (2008), philosophe et initiateur du mouvement berlinois des «Chômeurs Heureux» dont il rédigea le manifeste en 1996. Il nous explique pourquoi il est tout à fait normal voire parfaitement légitime d'être démotivé dans notre société de marché, surtout à l'heure actuelle, et pourquoi cette démotivation est même une chance. Il nous rappelle que le but d'une entreprise n'est pas de créer des emplois mais de gagner de l'argent. Il nous invite à la résistance passive en accomplissant un véritable travail de sape. Car l'inertie est une force et le meilleur moyen de faire tomber le système, c'est de ne plus avoir besoin de ce qu'il veut nous offrir.

Autre perle que vous pouvez commander au Père Noël, certes moins consistant mais tellement hilarant, le célèbre Bonjour Paresse de Corinne Maier (qui a aussi publié Ceci n'est pas une lettre de candidature, ou tout ce que vous aimeriez écrire à un recruteur sans oser poster la lettre). Elle y critique l'Entreprise, grande pourvoyeuse de lâcheté et de servilité, haut lieu de la médiocrité, du gaspillage et des faux-semblants, qui cultive le parasitisme et la langue de bois. On lui a reproché de cracher dans la soupe : elle n'a pourtant dit que la vérité.

Enfin, on ne peut avoir avoir une réflexion approfondie sur le travail sans lire André Gorz (1923-2007), grand penseur de la critique sociale et philosophe avant-gardiste qui développa très tôt les premières bases de l'écologie politique, s'interrogea longuement sur la place du travail — sa définition, son organisation, son utilité — et du temps choisi, invoquant la nécessité d'un revenu de base inconditionnel garanti à tout citoyen. L'ouvrage collectif André Gorz, un penseur pour le XXIème siècle, nous ouvre l'opportunité de découvrir ses travaux et de mesurer l'acuité de sa pensée à l'heure de cette crise.

«Avec le recul du poids du travail salarié dans la vie de tous et de chacun, disait-il, le capital risque de perdre le pouvoir sur les orientations culturelles de la société. Il fait donc tout pour que les gens demeurent culturellement incapables d’imaginer qu’ils pourraient s’approprier le temps libéré du travail, les intermittences de plus en plus fréquentes et étendues de l’emploi pour déployer des auto-activités qui n’ont pas besoin du capital et ne le valorisent pas. Nous avons donc affaire, en France plus encore que dans les pays voisins, à une campagne idéologique très soutenue pour verrouiller, pour tuer l’imagination sociale, pour accréditer l’idée que le travail salarié est la seule base possible de la société et de la cohésion sociale, que sans emploi on ne peut rien faire, on ne peut disposer d’aucun moyen de vivre dignement et activement. Pour ce faire, nos minima sociaux restent misérables. On accrédite l’idée de l’assistanat. […] On fabrique méthodiquement des gens incapables de se concevoir comme les sujets de leur existence, de leur activité et de leurs liens sociaux, des gens qui dépendent totalement de ce que des employeurs privés ou publics leur donnent à faire.»

Pour vous mettre l'eau à la bouche, écoutez les deux émissions que Daniel Mermet lui a récemment consacré sur France Inter : cliquez ICI et .

Sinon, d'autres classiques sont à découvrir dans notre sélection de livres, comme La soumission à l'autorité de Stanley Milgram (1974) ou La désobéissance civile de Henry David Thoreau (1848).

Mais le must reste La stratégie du choc de Naomi Klein (2007). Couvrant plus de quarante années d'Histoire, elle démontre que le capitalisme se nourrit de crises et de catastrophes, qu'elles soient provoquées ou non. Profitant des traumatismes occasionnés, chaque nouveau désastre lui permet d'asseoir sa suprématie et de prospérer davantage, au nom de la "liberté" et de la "démocratie". C'est lumineux, et ça se lit comme un polar !

Cette crise que nous subissons est la plus grave depuis 1929. Si on nous dit qu'elles ne sont pas comparables et qu'on nous abreuve de mensonges — on nous promet qu'on va faire en sorte que cela ne se reproduise plus; on nous serine qu'il n'y a pas d'alternative à l'austérité et à la mort des droits sociaux… —, n'oublions pas qu'elle sont systémiques, c'est-à-dire inhérentes au système économique et financier qui nous gouverne. En clair, le ver est dans le fruit et il y en aura d'autres. Et ceux qui les provoquent après s'être bien gavés n'ont aucun intérêt à y remédier, puisqu'ils continuent à s'enrichir tandis que nous nous appauvrissons. N'oublions pas non plus que c'est la Deuxième guerre mondiale qui mit un terme aux graves conséquences du krach de 1929.

Si nous sommes condamnés à rester la bourse plate, autant avoir le cerveau bien rempli. Il faut donc y voir clair, penser juste, et transmettre. En Algérie, le réveil des chômeurs est le pire cauchemar des dirigeants. Pourquoi pas en Europe ?

SH
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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 09:23

 

A l'annonce des mesurettes «socialistes» sur le RSA et contre la pauvreté, la fRance profonde s'en est donné à cœur joie sur internet.

Partout, en commentaires d'articles des principaux sites d'information survolant le contenu du pitoyable "plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté" de Jean-Marc Ayrault, on trouvait des réactions pleines d'ignorance, de bêtise et de haine. Florilège.

«encore des mesures qui n encouragent personne à travailler!!! assistanat encore et toujours!!!»

«tout à fait d'accord avec vous..............outrée de voir que s'est toujours les memes mais toujours qui en profitent sur notre dos et encore je mache mes mots!!!!!!»

«et en plus ils passent a la télé et ils pleurent devant les cameras»

«Encore plus d'aide mais jamais sans contre partie!!! A quand l'acceptation de n'importe quel emploi pour un chomeur de longue durée ?»

«Tu veux pas aller faire les vendanges ? OK ! fin du RSA ! En Allemagne des milliers de gens font des petits boulots à 1 euro/h, en Angleterre ou en Espagne, les gens font 2 ou 3 petits boulots ! pourquoi pas en France et Ayrault veut encore augmenter le RSA sans aucune contre partie En Angleterre le chômage maxi c'est240? par semaine quelque soit le salaire précedent et ça dure 6 mois maxi ! les gens se remuent pour prendre n'importe quel petit boulot. Residus Assistes Societé»

«je vous lis tous et j'approuve votre colère et votre incompréhension .l'assistanat règne en maître et décourage ceux qui règlent la facture.. et pensez vous que cela va s'arranger??? à cette cadence la Belgique va se peupler de gens de qualité !!!!!»

Ça, c'était sur La Tribune. Passons maintenant à 20 Minutes :

«A quand l'obligation de travailler !
A quand l'obligation de faire des "stages" en entreprises ou chez des maraichers, agriculteurs en échange de légumes ?
MAIS NON EN FRANCE ON DONNE sans rien faire !
LA FRANCE CULTIVE DES FAINEANTS !»

«retirer le droit de vote aux ayant droits sociaux…
Car quand on est pas capable de gagner soi-même sa vie et celle de sa famille, on ne peut pas avoir les capacités de décider pour les autres ce qui est bon pour le pays. Et ça évitera à la gauche d'être tentée de produire de plus en plus de pauvres…
»


Sur Le Parisien :

«Le president de la France qui se leve tard... Vive les faineants!»

«Les jeunes en difficulté ? Ba il ont cas aller travailler toujours les même aide pour les gens qui foutre rien s'il sont jeunes et motiver il auront du boulot mais de nos jour yen à plus beaucoup qui veulent gagner de l'argent en travaillant ils préfèrent rester chez eux les aides à gogo et pis voilà elle est pas belle la France»

«dans ce pays il vaut mieux rien glander et rester a la maison plutôt qu'aller bosser!»

J'arrête là. Vous en trouverez de meilleures si vous vous donnez la peine de chercher...

Quand le sage désigne la lune, l'idiot regarde le doigt

A ces gens qui ne s'offusquent ni des scandaleuses rémunérations des patrons du CAC 40 (que la crise n'a nullement affectés mais qui ont mis plus d'un salarié au chômage), ni du coût du bouclier fiscal (qui a privé nos finances publiques de près de 4 milliards d'euros depuis sa création et bénéficié à une poignée de nantis), ni du coût des niches fiscales et sociales (50 milliards accordés chaque année en pure perte, essentiellement aux mieux lotis), ni de l'assistanat de la France d'en haut;

A tous ces abrutis qui, malgré l'explosion du chômage, s'imaginent qu'il y a encore assez d'emplois pour tout le monde en France;

A tous ces méprisants qui ne savent pas ce que c'est que de vivre avec 400 € par mois, ni même avec un Smic;

A tous ces sado-masochistes bourreaux-victimes qui voudraient voir revenir l'esclavage et ne se rendent même pas compte que les droits dont ils voudraient priver certains leur seront un jour supprimés pour eux-mêmes;

A tous ces imbus qui se croient "méritants", donc au-dessus de la mêlée, et considèrent autrui comme de la merde;

A tous ces psychopathes qui adorent s'en prendre aux plus faibles et oublient que les chômeurs ou les allocataires du RSA sont des êtres humains comme eux;

Nous leur souhaitons, pour 2013, de perdre leur emploi, d'en chercher un vainement, puis de se retrouver dans la mouise ou à la rue afin qu'ils comprennent enfin (peut-être ?) ce que nous — les millions de victimes de la crise de ce système ultralibéral failli, qu'ils insultent avec tant d'ardeur, bien au chaud derrière leur clavier — avons perdu et supportons.

HONTE À EUX !
Honte à ceux — médiacrates/éditocrates en première ligne, notamment à la télévision — qui distillent inlassablement le mensonge et la division.
Et honte aux gouvernements, de "gauche" comme de droite, tous complices de la finance et d'un patronat rapace, qui ont sciemment laissé le chômage, la précarité et la pauvreté s'installer partout.

On sait à quoi tout cela mène : quand on désigne des boucs-émissaires, la barbarie n'est jamais loin.

SH
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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 12:55

 

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Jean-Marc Ayrault devrait annoncer tout à l'heure une hausse du RSA de 10% sur cinq ans, dont 2% dès 2013. Ainsi compte-t-il lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale : à moindre frais.

La conférence nationale de "lutte contre la pauvreté et pour l'inclusion sociale" se poursuit ce mardi 11 décembre. Elle s'achèvera cet après-midi par un discours du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui tracera les grandes lignes d'un plan visant à endiguer la pauvreté...

Annoncée en juillet par François Hollande, cette conférence réunit plusieurs ministres et de nombreuses associations qui ont planché, en amont, sur sept thématiques : l'accès à l'emploi, l'accès aux minima sociaux, l'enfance, le surendettement, le logement, la santé, et la gouvernance des politiques de solidarité. Face à l'évolution récente de la pauvreté, il va sans dire que les attentes sont très élevées.

Nos amis du MNCP (Mouvement national des Chômeurs & Précaires), après avoir été auditionnés sur l'accès aux droits, ont été invités à participer aux tables-rondes sur l'emploi et la gouvernance. Déçus par la faiblesse des propositions, leurs collectifs manifestaient hier dans vingt villes de France et à Paris, place d'Iéna devant le Cese où se tient la conférence.

43% du seuil de pauvreté

L'une des mesures phares de ce plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté sera la revalorisation du RSA-socle (ex-RMI), une demande forte des associations qui dénoncent depuis longtemps le décrochage de ce revenu.

En effet, le RSA est revalorisé tous les ans au rythme de l'inflation, beaucoup plus lentement que le Smic et les salaires en général. A sa création en 1989, le RMI correspondait à 50% du salaire minimum.

Le RSA-socle s'élève aujourd'hui à 475 euros pour un célibataire sans enfant (418 euros une fois déduit le "forfait logement" de la CAF, véritable racket consistant à amputer le RSA de 95% des allocataires => lire en commentaire) et à 598 euros pour un couple (712 avant le forfait). Hors "forfait logement", le montant du RSA représente la moitié du seuil de pauvreté monétaire — 964 euros en 2010 pour une personne seule — contre 80% il y a dix ans. Une fois le "forfait logement" déduit, on tombe à 43%.

Endiguer la pauvreté, vraiment ?

Pour corriger cette dégradation, le Premier ministre devrait annoncer aujourd'hui une hausse de 2% en 2013 [1] en plus de la revalorisation automatique liée à l'inflation. Cette revalorisation se poursuivra les prochaines années pour atteindre 10% sur cinq ans, et coûtera 1 milliard d'euros aux finances publiques en rythme annuel.

Sauf que 2% d'augmentation pour une personne seule équivaut à 9,50 € de plus par mois (hors "forfait logement"). Même si ce "coup de pouce" s'ajoute à la revalorisation automatique annuelle liée à l'inflation — 1,7% l'année dernière, soit 8 € de plus par mois (hors "forfait logement", j'insiste); cette année, on tend vers 1,75% —, ce n'est pas avec ça qu'on endigue la pauvreté [2] !

Pourquoi ne pas avoir appliqué cette augmentation d'un coup ? 47,50 € par mois tout de suite, ça avait de la gueule ! De quoi soutenir la consommation des ménages. Mais non : c'est une question de gros sous et, comme à chaque fois, il y en a plus pour les riches que pour les miséreux qui subiront eux aussi — et durement — la hausse de la TVA (entre autres) pour financer le "crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi" de 20 milliards accordé sans contreparties aux entreprises.

Non-recours au RSA : 5,3 milliards de non-dépenses

Quelque deux millions de foyers bénéficient du RSA, dont 1,39 million du RSA-socle, selon les derniers chiffres de la Caisse nationale d'allocations familiales. Mais 33% des personnes éligibles au RSA-socle ne le demandent pas. Concernant le RSA-activité, qui offre un complément de revenus aux "travailleurs pauvres", le gouvernement annonce une réforme pour le premier semestre 2013 car il est jugé trop complexe à obtenir : ainsi, 68% des personnes éligibles ne le demandent pas non plus.

Au total, l'estimation de la non-dépense engendrée par le non-recours au RSA s'élève à 5,3 milliards d'euros par an. A comparer avec le coût de cette pitoyable revalorisation sur cinq ans : 1 milliard...

Non revalorisation de la prime de Noël

Bien qu'elle soit reconduite et son financement pérennisé, son montant restera inchangé. Là aussi, on se moque du monde puisque le montant de cette prime est le même depuis 14 ans alors que les prix ont flambé. Mais cette "prime aux fainéants" scandalise déjà monsieur et madame Michu : on comprend que le gouvernement ne souhaite pas les froisser davantage.

Tandis que des multinationales planchent sur le potentiel marché de la pauvreté (vendre à des miséreux de plus en plus nombreux, c'est aussi un business), le gouvernement ferait bien de ne pas perdre de vue que nos 9 millions de pauvres et 3 millions de Smicards participent eux aussi à la demande intérieure, donc à l'activité du pays. Lorsqu'on parle de "lutte contre l'exclusion", négliger leur rôle est non seulement un non-sens économique, mais une faute morale.

SH

[1] Dernière minute : Les 2% promis dès 2013 ne s'appliqueront pas avant septembre !


[2] Dernière minute : Le coût total de ce plan d'ici 2017 ne dépassera pas 2,5 milliards. La montagne a accouché d'une souris !

La conférence n'est même pas terminée (il est 14h) qu'on en connaît déjà les conclusions, qui fleurissent sur les principaux sites d'information. Comme pour la "grande conférence sociale" de juillet, les décisions étaient prises à l'avance; à croire qu'à chaque fois les participants ne sont là que pour amuser la galerie !
Nous attendons la réaction du MNCP, qui doit l'avoir en travers de la gorge.

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 10:39

Ayrault : «La France doit s'engager dans des réformes structurelles»

C'est confirmé : ce sont bien les ménages qui devront payer le nouveau cadeau fiscal de 20 milliards fait au patronat. Du «socialisme» de pacotille.

Jean-Marc Ayrault a présenté ce matin son Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l'emploi. Dans l'arsenal de mesures annoncées, fortement inspirées du rapport Gallois dont on dit qu'il a été écrit avec l'aide d'un militant UMP, on trouve une hausse de la TVA, pudiquement qualifiée d’«évolution», visant à financer pour moitié la mise en place d'un «crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi» (CICE) à hauteur de 20 milliards d'euros sur trois ans.

A partir du 1er janvier 2014, le taux normal, actuellement à 19,6%, sera porté à 20% (gain : 4 milliards d'euros). Le taux réduit sur les produits et services de première nécessité baissera de 5,5% à 5% (diminution de recettes : moins d'un milliard). Le taux intermédiaire — qui concerne surtout la restauration et les travaux de rénovation des logements mais vise aussi les livres, les tickets de cinéma, les droits d'entrée dans les zoos et les musées, les transports ou les médicaments non remboursables… — passera de 7% à 10% pour un gain de 4 à 7 milliards. Il y a seulement six semaines, pointe Rue89, le même Jean-Marc Ayrault promettait le contraire dans l'émission "Des Paroles et des Actes" sur France 2, face à Nathalie Kosciusko-Morizet : «Pas de hausse de la TVA pendant le quinquennat», avait-il affirmé.

Le gouvernement a — pour l'instant — rejeté la baisse des cotisations sociales — ouf ! — mais, à la place, créé une nouvelle niche fiscale dont le coût sera supporté par tous les consommateurs, qu'ils soient riches ou pauvres. (Surtout modestes et pauvres, car l'idée de relever la TVA à 33% sur les produits de luxe, qui ont le vent en poupe malgré la crise et rapporteraient plus de 4 milliards, semble exclue.) Et par tous les Français puisque ce crédit d'impôt sera non seulement financé par la hausse de la TVA, mais aussi par une baisse des dépenses publiques (10 milliards d'économies !) et une nouvelle fiscalité écologique qui sera élaborée pour 2016 (3 milliards de gains escomptés).

En ce qui concerne la baisse des dépenses publiques, elle touchera "les dépenses de l'État, de ses agences, des collectivités territoriales (au risque de voir les impôts locaux encore exploser) et de la protection sociale" (hausse de la CSG ? Réduction des droits ? On envisage le pire). «La France doit s'engager dans des réformes structurelles», a expliqué le Premier ministre, prétendant «s'inspirer des réformes de nos partenaires européens scandinaves qui ont su se réformer en profondeur pour maintenir leur modèle social». Or, se cacher derrière des réformes à la scandinave n'est pas plus rassurant : on sait, en novlangue, ce que signifie "réforme structurelle"… même si elle se couvre d'un bonnet blanc comme la neige du Nord.

Pour les entreprises, le montant du CICE sera calculé en proportion de leur masse salariale brute hors salaires supérieurs à 2,5 fois le Smic et s'appliquera aux impôts sur les sociétés au titre de l'exercice 2013, donc en 2014 : le gouvernement espère ainsi inciter les employeurs à garder leurs salariés, voire à recruter (ce qui n'est pas gagné !). Les PME en difficulté qui en feront la demande pourront bénéficier d'une avance en trésorerie dès l'année prochaine. Au total, nous dit-on, cela équivaut à une baisse de 6% du "coût du travail".

Jean-Marc Ayrault semble naviguer à vue, espérant que ce cadeau serve effectivement aux embauches ou à l'investissement (ce dont il n'a pas l'air d'être sûr).

Enfin, quelques mesures viendront soutenir les PME et les TPE : création d'un fonds de 500 millions d'euros pour «garantir aux PME et entreprises de taille intermédiaire l'accès aux financements dont elles ont besoin»; mise en place d'un accompagnement personnalisé à l'international par la PBI pour quelque 1.000 ETI et PME; simplification de cinq démarches administratives essentielles et stabilisation de cinq dispositifs fiscaux-clé sur la durée du quinquennat (crédit d'impôt recherche, contribution économique territoriale…).

L'essentiel de ces mesures agit sur la compétitivité-prix (coûts de production), tandis que la compétitivité hors-prix (recherche, innovation…) n'est qu'effleurée. Le problème est donc pris à l'envers. De même, priorité est donnée à l'amélioration de la compétitivité des entreprises pour les aider à exporter plutôt que de chercher à relancer la demande intérieure, qui constitue 80% de l'économie du pays.

Pour conclure, comme le signale Pascal Riché sur Rue89, «si la France a besoin d’un "choc", c’est chez Cécile Duflot, ministre du Logement, qu’il faut le préparer : une baisse des loyers aurait, en France, une véritable efficacité économique». Et puisque que la mode consiste à se comparer sans cesse avec l'Allemagne, Pascal Riché rappelle que, «du fait du vieillissement accéléré de sa population, le nombre d’Allemands décroît, et les logements sont en surnombre. Résultat : alors que les prix et les loyers ont doublé en quinze ans en France, ils sont restés plats en Allemagne (un logement coûte 1.300 euros du m2 en Allemagne, soit trois fois moins qu’en France !)».

Jusqu'à présent, l'appât du gain et l'inertie de l'Etat ont instauré la possibilité de se faire énormément plus de fric en spéculant sur la pierre qu'en travaillant. Dans l'absolu, un vrai gouvernement socialiste devrait décider de rendre du pouvoir d'achat (et des cotisations sociales) aux salariés/ménages en agissant sur les prix de l'immobilier par les deux leviers suivants : lutter contre la rareté qui fait grimper les prix en construisant un maximum de logements sociaux; faire baisser notablement le prix des loyers. Ce qui allègerait le budget que les Français, surtout les plus modestes, doivent consacrer pour se loger et, par ricochet, donnerait une vraie bouffée d'air à notre demande intérieure. N'est-ce pas là une bonne idée de "réforme structurelle" ?

SH
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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 14:58

Ayrault : «La France doit s'engager dans des réformes structurelles»

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C'est confirmé : ce sont bien les ménages qui devront payer le nouveau cadeau fiscal de 20 milliards fait au patronat. Du «socialisme» de pacotille.

Jean-Marc Ayrault a présenté ce matin son Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l'emploi. Dans l'arsenal de mesures annoncées, fortement inspirées du rapport Gallois dont on dit qu'il a été écrit avec l'aide d'un militant UMP, on trouve une hausse de la TVA, pudiquement qualifiée d’«évolution», visant à financer pour moitié la mise en place d'un «crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi» (CICE) à hauteur de 20 milliards d'euros sur trois ans.

A partir du 1er janvier 2014, le taux normal, actuellement à 19,6%, sera porté à 20% (gain : 4 milliards d'euros). Le taux réduit sur les produits et services de première nécessité baissera de 5,5% à 5% (diminution de recettes : moins d'un milliard). Le taux intermédiaire — qui concerne surtout la restauration et les travaux de rénovation des logements mais vise aussi les livres, les tickets de cinéma, les droits d'entrée dans les zoos et les musées, les transports ou les médicaments non remboursables… — passera de 7% à 10% pour un gain de 4 à 7 milliards. Il y a seulement six semaines, pointe Rue89, le même Jean-Marc Ayrault promettait le contraire dans l'émission "Des Paroles et des Actes" sur France 2, face à Nathalie Kosciusko-Morizet : «Pas de hausse de la TVA pendant le quinquennat», avait-il affirmé.

Le gouvernement a — pour l'instant — rejeté la baisse des cotisations sociales — ouf ! — mais, à la place, créé une nouvelle niche fiscale dont le coût sera supporté par tous les consommateurs, qu'ils soient riches ou pauvres. (Surtout modestes et pauvres, car l'idée de relever la TVA à 33% sur les produits de luxe, qui ont le vent en poupe malgré la crise, semble exclue.) Et par tous les Français puisque ce crédit d'impôt sera non seulement financé par la hausse de la TVA, mais aussi par une baisse des dépenses publiques (10 milliards d'économies !) et une nouvelle fiscalité écologique qui sera élaborée pour 2016 (3 milliards de gains escomptés).

En ce qui concerne la baisse des dépenses publiques, elle touchera "les dépenses de l'État, de ses agences, des collectivités territoriales (au risque de voir les impôts locaux encore exploser) et de la protection sociale" (hausse de la CSG ? Réduction des droits ? On envisage le pire). «La France doit s'engager dans des réformes structurelles», a expliqué le Premier ministre, prétendant «s'inspirer des réformes de nos partenaires européens scandinaves qui ont su se réformer en profondeur pour maintenir leur modèle social». Or, se cacher derrière des réformes à la scandinave n'est pas plus rassurant : on sait, en novlangue, ce que signifie "réforme structurelle"… même si elle se couvre d'un bonnet blanc comme la neige du Nord.

Pour les entreprises, le montant du CICE sera calculé en proportion de leur masse salariale brute hors salaires supérieurs à 2,5 fois le Smic et s'appliquera aux impôts sur les sociétés au titre de l'exercice 2013, donc en 2014 : le gouvernement espère ainsi inciter les employeurs à garder leurs salariés, voire à recruter (ce qui n'est pas gagné !). Les PME en difficulté qui en feront la demande pourront bénéficier d'une avance en trésorerie dès l'année prochaine. Au total, nous dit-on, cela équivaut à une baisse de 6% du "coût du travail".

Jean-Marc Ayrault semble naviguer à vue, espérant que ce cadeau serve effectivement aux embauches ou à l'investissement (ce dont il n'a pas l'air d'être sûr).

Enfin, quelques mesures viendront soutenir les PME et les TPE : création d'un fonds de 500 millions d'euros pour «garantir aux PME et entreprises de taille intermédiaire l'accès aux financements dont elles ont besoin»; mise en place d'un accompagnement personnalisé à l'international par la PBI pour quelque 1.000 ETI et PME; simplification de cinq démarches administratives essentielles et stabilisation de cinq dispositifs fiscaux-clé sur la durée du quinquennat (crédit d'impôt recherche, contribution économique territoriale…).

L'essentiel de ces mesures agit sur la compétitivité-prix (coûts de production), tandis que la compétitivité hors-prix (recherche, innovation…) n'est qu'effleurée. Le problème est donc pris à l'envers. De même, priorité est donnée à l'amélioration de la compétitivité des entreprises pour les aider à exporter plutôt que de chercher à relancer la demande intérieure, qui constitue 80% de l'économie du pays.

Pour conclure, comme le signale Pascal Riché sur Rue89, «si la France a besoin d’un "choc", c’est chez Cécile Duflot, ministre du Logement, qu’il faut le préparer : une baisse des loyers aurait, en France, une véritable efficacité économique». Et puisque que la mode consiste à se comparer sans cesse avec l'Allemagne, Pascal Riché rappelle que, «du fait du vieillissement accéléré de sa population, le nombre d’Allemands décroît, et les logements sont en surnombre. Résultat : alors que les prix et les loyers ont doublé en quinze ans en France, ils sont restés plats en Allemagne (un logement coûte 1.300 euros du m2 en Allemagne, soit trois fois moins qu’en France !)».

Jusqu'à présent, l'appât du gain et l'inertie de l'Etat ont instauré la possibilité de se faire énormément plus de fric en spéculant sur la pierre qu'en travaillant. Dans l'absolu, un vrai gouvernement socialiste devrait décider de rendre du pouvoir d'achat (et des cotisations sociales) aux salariés/ménages en agissant sur les prix de l'immobilier par les deux leviers suivants : lutter contre la rareté qui fait grimper les prix en construisant un maximum de logements sociaux; faire baisser notablement le prix des loyers. Ce qui allègerait le budget que les Français, surtout les plus modestes, doivent consacrer pour se loger et, par ricochet, donnerait une vraie bouffée d'air à notre demande intérieure. N'est-ce pas là une bonne idée de "réforme structurelle" ?

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 14:49
Déclaration du collectif pour un audit citoyen de la dette publique Le 14 novembre, pour la première fois en Europe, une grève générale internationale est organisée par le mouvement syndical au Portugal, en Espagne, en Grèce, à Chypre et à Malte, et soutenue par les mouvements sociaux et des partis politiques. Dans le même temps, la Confédération européenne des syndicats a lancé un appel à une journée d’action et de solidarité coordonnée en Europe. Cette mobilisation exceptionnelle émerge au moment où, partout en Europe, les politiques d’austérité organisent la baisse des salaires et des pensions, la destruction des droits sociaux, de la négociation collective et des services publics, et provoquent récession, chômage, précarité et misère. Elle témoigne d’une convergence des mobilisations qui se sont construites dans de nombreux pays contre ces politiques imposées sans débat démocratique, et qui mènent l’Europe dans le gouffre. En France, le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique mène depuis des mois une mobilisation unitaire pour dénoncer l’instrumentalisation de la dette publique et l’imposition de politiques d’austérité économiquement stupides, écologiquement irresponsables et socialement injustes – touchant de plein fouet les populations les plus précaires, femmes, jeunes, ouvriers, mal-logés, immigré-es. En septembre, il a organisé des mobilisations contre le Traité budgétaire pour provoquer le débat public que le gouvernement tentait d'esquiver. Aujourd’hui, le gouvernement poursuit sur une voie sans issue, avec un budget d’austérité qui essaye désespérément de tenir l’objectif irréaliste d’un déficit public limité à 3 % du PIB en 2013. En cédant aux sirènes du patronat qui réclame un « choc de compétitivité », il poursuivrait, comme en Grèce en Espagne et au Portugal, sur la voie mortifère du dumping salarial et de la remise en cause des protections collectives. En France comme en Europe, l’austérité doit cesser ! Ce n’est pas de purges budgétaires ou de concurrence exacerbée dont l’Europe a besoin, c’est de solidarité, d’une meilleure répartition des richesses, et de démocratie ! C’est pourquoi le Collectif appelle à participer aux manifestations organisées à l’initiative de l’Intersyndicale le 14 novembre. Au-delà du refus des mesures inacceptables imposées aux peuples d’Europe du Sud, c’est un appel à se battre pour une autre Europe, solidaire, écologique et démocratique ! Le 14 novembre et après, le Collectif contribuera à l’émergence de mobilisations à l’échelle européenne. Il participe et soutient le processus de l’Altersummit, qui sera lancé lors de la rencontre européenne à Florence du 8 au 11 novembre. Le 14 novembre montre la voie : les mobilisations contre l’austérité doivent converger pour une Europe sociale et solidaire ! Le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique Le Collectif pour un audit citoyen de la dette publique (http://www.audit-citoyen.org/) est composé d’une soixantaine d’organisations associatives et syndicales, avec le soutien d’organisations politiques.
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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 09:02

 

Selon un sondage, les Français déclarent manquer en moyenne de 525 euros par mois pour vivre correctement. Et vous ?

Ce baromètre Sofinscope a été réalisé par OpinionWay auprès d'un échantillon de 1.044 personnes, "représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas au regard des critères de sexe, d'âge, de catégorie socioprofessionnelle et de région de résidence".

Pour vivre "correctement", il leur manque en moyenne 525 euros. Une somme qui, bien qu'elle diffère selon le profil des sondés, n'excède jamais les 700 euros. Cela ne semble absolument pas excessif, vu le recul de la part des salaires dans le produit intérieur brut constaté depuis 1982. En passant, nous rappellons qu'en 2010 le niveau de vie médian — la moitié de la population est au-dessus, l'autre moitié en dessous — en France métropolitaine atteignait 19.270 euros/an, soit 1.610 euros par mois. Selon l'Insee, les 10% les plus modestes avaient un niveau de vie inférieur à 10.430 euros/an quand celui des 10% les plus aisés était d'au moins 36.270 euros, soit 3,5 fois plus. Donc, pour les plus modestes, déclarer avoir besoin de 500 voire 700 euros en plus n'est pas une folie.

Du côté des dépenses contraintes (logement, énergie…), les sondés arrivent au taquet : ils ne sont plus que 12% à pouvoir encore les diminuer, contre 21% il y a un an. Déclarant le plus fréquemment souffrir de l'augmentation des prix (67%) ou encore des charges (59%), ils se rabattent sur l'alimentation (26% déclarent rogner dessus contre 23% il y a un an) et, bien évidemment, les loisirs (59%, soit +7 points par rapport à 2011). Quant aux projets, ils sont de plus en plus nombreux (23%, soit +4 points) à y renoncer ou à les mettre en sourdine tandis que 63% indiquent mobiliser leurs ressources personnelles (épargne) pour faire face aux dépenses du quotidien.

Imaginez tout ce que notre économie perd en activité à cause de revenus insuffisants ! L'appauvrissement des populations, à l'œuvre depuis trente ans, est un cercle vicieux qui paralyse la demande intérieure.

Et vous, amis chômeurs et précaires, combien vous manque-t-il pour vivre correctement ? Sur quels postes faites-vous des sacrifices ? N'hésitez pas à nous le dire en commentaire...

SH
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