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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 10:22

 

Hélas, ce ne sont pas 30.000 chômeurs de plus ou de moins qui changeront la donne... Désormais, la moitié des inscrits à Pôle Emploi est piégée dans le chômage, formant un noyau dur d'exclus qui continue de s'étoffer. Il se compose de seniors et de chômeurs de longue durée dont les chances d'en sortir vont s'amenuisant tandis que la pauvreté les fauche.

Le gouvernement est resté silencieux (d'habitude, il ne peut s'empêcher de se réjouir avant l'heure…) : les mauvais chiffres de juin ne sont donc pas une surprise.

Effacées, les «embellies» en trompe-l'œil du premier semestre ! Selon L'Expansion, le niveau du chômage est maintenant supérieur à celui enregistré au début du mois de janvier. Selon Les Echos, c'est, de loin, la plus forte hausse enregistrée depuis octobre 2009, et l'objectif gouvernemental de ramener le taux de chômage sous les 9% cette année semble fortement compromis. Pour Le Figaro, ce sont les premiers effets de la réforme des retraites : «Une grande partie des personnes qui devaient la prendre cette année auront différé leur départ. En conséquence, les employeurs auront de leur côté repoussé leurs recrutements», rapporte-t-il. Son infographie est très parlante :




Tel est le résultat de deux années d'une crise dont nous mesurons pleinement les effets.

Une chose est sûre : les projections optimistes de l'Unedic et les déclarations gouvernementales visant à nous faire croire qu'on en est sortis ont du plomb dans l'aile.

Et ce qui est certain, c'est que les pronostics alarmistes des économistes de l'OFCE, HSBC ou BNP-Paribas s'avèrent justes et remettent au goût du jour les récents avertissements du Bureau international du Travail (BIT) et du FMI, de l'OCDE, et même du Centre d'analyse stratégique (CAS). Toutes leurs expertises s'accordent pour dire que :
• les politiques de rigueur mises en place pour "rassurer les marchés" vont fragiliser la croissance et continuer à affaiblir l'emploi, donc entraver la reprise;
• la précarisation des emplois et leur mauvaise qualité restera une tendance lourde;
• l'ancienneté dans le chômage va fortement progresser.
On peut parfaire le tableau avec les heures supplémentaires défiscalisées auxquelles Nicolas Sarkozy ne veut surtout pas renoncer, quand bien même continuent-elle de nuire à l'emploi. Sans oublier l'affolante explosion des charges contraintes des ménages.
Bref ! En 2011, l'austérité, le chômage, le sous-emploi et la pauvreté resteront au menu, avec les risques économiques et sociaux que cela comporte. Et le retour à la normale sera long (2013, voire 2015), trop long pour les innombrables victimes de la crise.

Aujourd'hui, le cercle de celles qui se retrouvent piégées — les "seniors" (près de 800.000 dans les catégories ABC, auxquels on peut rajouter quelque 200.000 "dispensés de recherche d'emploi" ou DRE, non catégorisés) et les chômeurs de longue durée (1,7 million en ABC + quelque 350.000 en catégorie E) — s'élargit inexorablement, formant un noyau dur de sacrifiés/exclus de l'emploi dont le seul horizon est la pauvreté. On peut donc dire sans exagérer que la moitié des inscrits à Pôle Emploi est engluée dans le chômage et que ses chances de s'en sortir sont de plus en plus minces. Tel est le cœur du problème.


Enfin, comme chaque mois, voici notre décryptage de la note de la Dares/Pôle Emploi de juillet 2011...

Catégorie A (chômeurs officiels, sans activité aucune) : +33.600
Fin juin, ils sont 2.720.400 en France métropolitaine, 2.953.200 avec les DOM.
En glissement annuel, la variation est de +1,5 à +2% alors que le mois dernier, elle était inférieure à 1%.

Quant aux chômeurs qui ont accepté des petits boulots faute d'un emploi véritable, leur nombre a reculé (2 points par catégorie sur le mois). Ce qui signifie qu'en juin le nombre des petits jobs disponibles sur le marché, pourtant majoritaires parmi les offres actuelles, a sensiblement diminué :

Catégorie B (chômeurs en activité réduite inférieure à 78h/mois) : -4.500
Ils sont 547.300 en France métropolitaine.
Progression annuelle : +4,2%.

Catégorie C (chômeurs en activité réduite supérieure à 78h/mois) : -3.900
Ils sont 836.000 en France métropolitaine.
Progression annuelle : +13%.

Au total, le nombre des inscrits en catégories ABC — c'est-à-dire l'ensemble des demandeurs d'emploi «tenus d'accomplir des actes positifs de recherche» — a crû de 25.200 en métropole.
Ils sont désormais 4.103.700 en France métropolitaine, 4.368.200 avec les DOM.
La hausse annuelle oscille entre 4 et 4,3%.

Maintenant, les voies de garage...

Catégorie D (chômeurs non disponibles car en arrêt maladie ou en maternité, en stage, formation ou convention de reclassement) : +8.400
Fin juin, ils sont 236.800 en France métropolitaine.
Le recul dans cette catégorie (-8% en glissement annuel) indique que les promesses de formations du gouvernement ne sont absolument pas tenues.

Catégorie E (chômeurs non disponibles car en contrat aidé) : +900
En France métropolitaine, ils sont 352.600 ainsi occupés.
Loin des performances de 2010, avec 3 points perdus sur le mois, la progression annuelle de ce subterfuge s'élève à +1,4%.
On rappelle que les contrats supplémentaires promis en février dernier par Nicolas Sarkozy sont actuellement bloqués pour des raisons électoralistes : le robinet devrait à nouveau s'ouvrir à la rentrée afin d'améliorer comme par magie les chiffres du chômage juste avant les présidentielles (Xavier Bertrand en a évoqué 100.000).

Au total, toutes catégories confondues (ABCDE), le nombre de chômeurs inscrits à Pôle Emploi en métropole s'élève à 4.693.100 (+3,1% sur un an). Avec les DOM, on arrive à 4.979.800 (+3,4% à l'année), soit 35.700 personnes en plus par rapport à mai dans toute la France.

N'oublions pas d'y ajouter les 219.600 "seniors" indemnisés de métropole (chiffre non précisé pour les DOM) bénéficiant de la DRE, non catégorisés. Avec ça, on frôle les 5,2 millions !

Dans le détail...

Seniors : par rapport à mai, on note un généreux apport de 11.600 chômeurs de 50 ans et + dans les catégories ABC.
Ils sont 797.800 rien qu'en métropole, dont plus de la moitié (413.600) sont des femmes.
Progression annuelle : +14,3%.

Chômeurs de longue durée : ils sont maintenant 1.560.000 dans les catégories ABC en métropole, soit 15.600 de plus par rapport à mai, et 1.690.000 avec les DOM. Pour parfaire le tableau, on peut rajouter les 350.000 inscrits en catégorie E (contrats aidés) et les 220.000 seniors en DRE.
Leur proportion dépasse donc 40% de l'ensemble des inscrits à Pôle Emploi.
Toujours en ABC, leur progression annuelle varie de 10 à 10,5%. Elle dépasse 29% pour ceux qui sont sans emploi depuis 2 à 3 ans, et frôle 19% pour ceux qui sont sur le carreau depuis plus de 3 ans.
Enfin, toutes catégories confondues, ils sont 670.100 à percevoir le RSA (on note avec étonnement une baisse de 23.500 par rapport à mai).

Ancienneté et durée d'inscription : L'ancienneté moyenne des inscrits des catégories ABC est de 450 jours, soit un de moins qu'en mai (ce qui n'en demeure pas moins un record depuis dix ans). Quant à la moyenne d'inscription des sortants, elle est de 251 jours, soit 12 de plus sur le mois, ce qui est énorme.

Entrées et sorties : les fins de CDD (+9% sur un an) ou de mission d'intérim (stable à -0,3%) ne mollissent pas et représentent 31,6% des entrées.
Les reprises d'emploi déclarées (96.500 seulement, en baisse de 6,4% sur l'année), entrées en stage (32.800) et arrêts de recherche pour maladie, maternité ou retraite (36.200) représentent à peine 37% du total des sorties de Pôle Emploi dans les catégories ABC. Le reste — 63% — est englobé dans les «cessations d'inscriptions pour défaut d'actualisation» (189.100, en légère baisse), les radiations administratives (38.300, en hausse de 4% sur un mois) et les «autres cas» (57.900, eux aussi en hausse de 8%). Au total, en juin, bien que Pôle Emploi ait un peu levé le pied, 285.300 personnes sont ainsi sorties des listes.

Offres : en juin, Pôle Emploi n'a collecté que 278.900 offres, DOM compris (soit 10.000 de moins par rapport à mai, ramenant leur progression à +3% sur un an). Comme d'habitude, elles sont majoritairement «temporaires» (1 à 6 mois) ou «occasionnelles» (moins d'un mois). Pire : on note un recul subit de 4% sur les offres considérées comme «durables» (plus de 6 mois).
Et ce soir, le compteur de pole-emploi.fr affiche bravement 234.648 offres en ligne.

Voilà où nous en sommes.

SH

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Published by ACTU Chômage - dans Emploi
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